des romans et des récits sur l’immigration en lien avec nos animations de ce mois de novembre autour de l’exposition « Bande dessinée et immigration : un siècle d’histoire (s)". Ils partagent avec nous, avec vous leurs impressions de lecture… une invitation à découvrir ces ouvrages…

 

 « Je viens d’Alep, itinéraire d’un réfugié ordinaire » de Joude Jassouma

A force d’entendre parler de la Syrie, des réfugiés, on finit par perdre de vue qu’il ne s’agit pas d’une entité mais de vies humaines avec chacune leurs histoires.

Ce qui m’a le plus frappée dans ce récit, c’est l’urgence avec laquelle il faut prendre la décision de partir en laissant tout derrière soi, et ce parfois à plusieurs reprises. Joude avait toujours sur lui dans une pochette ses papiers d’identité ainsi que les photocopies de ses diplômes. Sans parler des dangers à affronter sur la route et notamment la traversée à bord d’un canot en plastique jusqu’à l’île de Léros.  Patricia S.

Joude est un jeune syrien professeur de français au Lycée d'Alep.

Il est issu d'une famille modeste et pour financer ses études, il n'hésite pas à exercer différents métiers, travaillant jusqu'à 12 Heures par jour ! En 2015 c'est le chaos, la guerre civile entre les troupes de Bachar Al-Assad et les terroristes

Ne voulant prendre parti ni pour le gouvernement, ni pour les islamistes, il décide de s'enfuir avec sa femme et leur petite fille. Ils doivent se cacher, déménagent 4 fois. à chaque fois leur maison est bombardée, pour finalement embarquer sur un canot en plastique qui les mènera, après un long périple, en Bretagne où ils seront bien accueillis

Ce récit m'a bouleversée. Ces demandeurs d'asile sont d'un courage inouï, n'hésitant pas à braver tous les dangers ! Marie-Hélène M

 

 « Americanah » de Chimananda Ngozi Adichie

 L’auteur une jeune nigérianne qui partage sa vie entre les Etats Unis et le Nigéria.

L’héroïne Ifemelu pour poursuivre ses études va partir aux Etats Unis et quitter son grand amour Obinze qui doit la rejoindre mais passera quelques années de galère en Grande Bretagne avant de regagner Lagos. Aux Etats Unis nous suivons la jeune Ifemelu qui va évoluer au cours des 15 années passées loin de son pays. Tour à tour elle va connaître la discrimination, la pauvreté, l’amour, se faire des amis et créer un blog à succès qui va changer sa vie.

Au travers de ce roman nous faisons connaissance avec le Nigéria et sa société, les USA avec leurs idées sur les races et le racisme tout cela avec humour et une grande sensibilité. Danièle C.

Ifemelu quitte le Nigeria pour aller faire ses études aux Etats Unis dans la ville de Philadelphie.

Au Nigéria, elle laisse son grand amour Obynze , éternel admirateur de l'Amérique qui compte bien la rejoindre. La couleur de peau, rejoint les cheveux crépus, puis l’allure et l'habillement prennent un sens dans un pays profondément  marqué par le racisme et la discrimination. les défaites ,les difficultés mais  aussi les réussites  font partie de son intégration.Elle tentera de trouver sa place, mais elle reste pendant 15 ans.

Puis, elle revient à Lagos , en descendant de l'avion ,elle a l'impression d'avoir cessé d'être noire ... Sylvie P.

 Ce roman est tellement dense (680 pages, 55 chapitres) que je ne sais par où commencer !Si, je vais déjà dire qu’il est formidable et que j’ai adoré cette histoire à cheval sur le Nigéria et les USA. Ce roman est à lire absolument. Patricia S.

 

« Le Gang des rêves » de Luca Di Fulvio                       

Tout commence en Italie au début des années 1900. Cetta Luminita, jeune fille italienne de 15 ans est violée par le patron de l'exploitation agricole qui a la main mise sur tout le village. De ce viol naît un petit garçon, Chistmas, qu'elle veut absolument garder. Son salut, fuir la misère et quitter son pays. Cetta va réussir, dans des conditions difficiles, à rejoindre les Etats-Unis.

New-York, "l'Eldorado" ! Mais pour survivre, Cetta n'a d'autre choix que devenir prostituée en maison close. L'enfant grandit au contact de la rue, au milieu des gangs, entre violence et pauvreté. On retrouve l'ambiance de "Gangs of New York" de Martin Scorcese. Mais Christmas a un talent : il sait inventer des histoires, donner l'illusion. Et un jour, sa route croise celle de Ruth, petite fille de milliardaire qui vient d'être agressée. Issus, l'un de la rue, l'autre de la haute société, la vie va-t-elle les séparer ? Immigré, Christmas parviendra-t-il à devenir "américain", l'ambition de sa mère : américain, mon fils, tu es américain ! Ce roman foisonne de personnages attachants, que l'on a plaisir à voir évoluer au fil des ans. On vivra les années 20 et la grande dépression, la discrimination, les débuts du cinéma parlant et de la radio.  

L’écriture est entraînante, chaque personnage a de l’épaisseur, une raison d'être. Dès les premières pages,  ce roman est addictif : quelques 700 pages, mais on ne s'ennuie jamais ! Jusqu'à la fin, on ne lâche pas ce livre plein d'humanité et d'espoir. Un livre à ne pas manquer.  Françoise D.

Ce roman est passionnant, foisonnant, digne des plus grands films réalisés sur les années 20-30 dans la Grosse Pomme. Et s’il fait près de 1000 pages en format poche, je vous promets que pas un seul instant vous ne trouverez le temps long et serez déçu de lire la dernière phrase « Bonsoir New York ». Patricia S

 

 « Comment peut-on être français ? » de Chahdortt Djavann

Dans « Comment peut-on être Français » l’auteure nous raconte l’arrivée et l’installation à Paris de Roxane, jeune iranienne de 22 ans, bien décidée à devenir française. Roxane n’a pour elle que son enthousiasme, sa naïveté, son désir profond d’apprendre le français et de le maîtriser parfaitement.

Ce n’est pas réellement un roman autobiographique mais on sent bien que l’auteure y a mis beaucoup d’elle-même. Elle nous raconte ses étonnements, tout d’abord celui de pouvoir se promener dans les rues sans se faire importuner par un homme. J’ai adoré ce roman plein de passion, de fougue, d’idées progressistes.  Patricia S.

 

 « Le dernier gardien d’Ellis Island » de Gaëlle Josse

Ce que j’ai aimé dans ce roman, qui se base sur des faits réels, c’est la découverte de cet endroit qui était à la fois un lieu d’espoir pour les migrants, un centre de détention ainsi qu’une porte qui pouvait se fermer définitivement sur un rêve de liberté.

J’ai trouvé que dans le contexte actuel, il nous offre une réflexion sur ce que peuvent vivre et ressentir des gens obligés de fuir leur pays pour survivre : « Nous n’avons plus rien, Monsieur, sinon la certitude de demeurer des exilés, jusqu’à notre dernier jour, loin du monde qui nous a vus naître et grandir, loin de notre langue natale. Faut-il encore que nous nous passions des accents sur notre nom ? Puis il sourit avec une désarmante tristesse. Je n’avais pas su quoi répondre, et m’étais contenté de rectifier l’erreur, comme un écolier pris en faute. »

A lire absolument. Patricia S.

 

 « Désorientale » de Négar Djavadi

Le personnage principal du roman est une jeune trentenaire, Kimiâ, la plus jeune fille de la famille de Darius SADR, intellectuel et journaliste, qui a dénoncé les dérives et la corruption du gouvernement du Shah, puis s’est opposé au gouvernement islamiste installé par l’Ayatollah Khomeini. Toute la famille a trouvé refuge en France. Puis vient le temps de l’exil en France, ce pays qui faisait terriblement rêver ses parents et ses deux soeurs aînées. Temps du désenchantement s’il en est car rien ne correspond à leurs attentes, un peu trop sublimées peut-être .Kimiâ fera le choix de se « désorientaliser » afin d’éviter toutes les questions sur l’Iran et de tenter de vivre sa vie sans tabou.    Patricia S

 

 « Avant que les ombres s’effacent » de Louis-Philippe D’Alembert

J’ignorais totalement que le gouvernement haïtien avait en 1939 déclaré la guerre à l’Allemagne et  que cette petite île était devenue Terre d’Accueil pour de nombreux juifs ayant fui le nazisme. C’est cette page de l’Histoire que ce très beau roman nous fait découvrir à travers le destin du Dr Ruben Schwarzberg, né en 1913 dans une famille juive polonaise.   Patricia S.

 

« Ce vain combat que tu livres au monde » de Fouad Laroui 

Ce livre est un roman humaniste et même engagé. Les jeunes issus de l’immigration peuvent basculer entre les mains des fondamentalistes car ils se sentent rejetés, parce qu’ils sont d’origine étrangère (surtout maghrebine). Ce livre m’a bouleversée et m’a fait prendre conscience de beaucoup de choses parce que je suis moi aussi d’origine étrangère.      Salima A.

Fouad Laroui signe là un très bon roman, d’un style très vivant (comme à son habitude) et la gravité du sujet n’empêche pas une bonne dose d’humour. Il a eu la riche idée d’introduire entre les chapitres des pages de discussion entre deux personnages qui expliquent l’Histoire entre les pays arabes et l’occident ; la façon dont les événements sont perçus et vécus par chacun des deux côtés et qui nous permet de nous faire une idée précise des raisons de la situation actuelle.      Patricia S.